Depuis plusieurs jours, des lycéennes et des lycéens se mobilisent à Toulouse comme ailleurs en France. Leurs revendications sont diverses, leurs modes d’action aussi. Des violences et des dégradations ont eu lieu : nous les condamnons sans ambiguïté.
Mais nous refusons que ces violences servent à disqualifier toute une jeunesse et à éviter d’entendre ce qu’elle exprime.
Il y a quelque chose de profondément contradictoire dans notre démocratie : à 16 ans, on peut s’engager, manifester, travailler, être apprenti, avoir des convictions politiques et subir directement les conséquences des décisions publiques. Mais on ne peut toujours pas choisir celles et ceux qui prennent ces décisions.
Lorsque les jeunes se mobilisent, certains responsables politiques leur expliquent qu’ils sont manipulés, trop jeunes pour comprendre ou qu’ils devraient simplement retourner en cours.
Et si nous commencions plutôt par les considérer comme des citoyens ?
Archipel Citoyen défend l’ouverture du droit de vote dès 16 ans, en particulier aux élections municipales, celles qui concernent directement leur quotidien : transports, espaces publics, culture, sport, logement, environnement, tranquillité publique ou politiques éducatives.
Faire entrer cette jeunesse dans le corps électoral changerait aussi le regard que le monde politique porte sur eux.
Quand une génération vote, on ne peut plus se contenter de parler d’elle : il faut lui parler, l’écouter et lui rendre des comptes.
Le vote à 16 ans ne signifie pas que les jeunes auraient toujours raison. Il signifie simplement que leur parole aurait le même statut démocratique que celle des autres citoyens.
Face à la colère d’une partie de la jeunesse, notre réponse ne peut être seulement policière ou disciplinaire.
Plus de démocratie est aussi une réponse.
À 16 ans, une voix doit pouvoir compter dans la rue.
Elle doit aussi compter dans les urnes.

