Par Rebecca Armstrong
Partout autour de moi, partout autour de nous, je vois la politique, je vois la poétique.
Ces deux mots partagent une même ambition. Soulever le voile en surface des choses et du langage pour proposer un pacte sensible, symbolique et matériel pour faire société.
Ces deux mots se nourrissent, prennent soin l’un de l’autre.
La politique se met au service de la poétique lorsqu’elle crée les conditions d’une hospitalité des corps, des voix, des histoires, des rêves, les conditions d’un « souffle collectif ».
La poétique alimente le politique par la polyphonie des sensibilités qui constitue son cœur et propage un commun pluriel.
Ces deux mots partagent également une même finalité : VIVRE MIEUX.
Et si je prends la parole ce soir c’est parce que, pour moi, le programme VIVRE MIEUX pour les élections municipales à Toulouse réunit ces deux ferments, notamment lorsqu’il s’agit de culture.
Poétique lorsque des langues se rencontrent et font naître des perceptions plus riches de ce qui nous entoure
Politique lorsque les droits culturels seront garantis et permettront à chacune et chacun d’être présent à la cité quelque soit son parcours de vie, lorsque les cultures du monde seront résolument mises à l’honneur
Poétique lorsque les processus créatifs des artistes s’ouvrent aux regards des habitantes et habitants
Politique lorsque des résidences permettront ces rencontres avec les plus jeunes dans les écoles de notre ville
Poétique lorsque les arts visuels rencontrent la danse, lorsque la musique rencontre la photographie, lorsque le théâtre rencontre les arts urbains
Politique lorsque des lieux de création décloisonnés seront mis à disposition partout dans la ville
Poétique lorsque l’espace public est perçu non pas comme un lieu de passage contrôlé, surveillé mais comme l’endroit où se consolide notre ancrage avec l’intermédiation de pratiques artistiques
Politique lorsque la culture sera invitée à s’emparer de ces espaces dans une stratégie à l’échelle municipale
Poétique lorsquele geste de l’amateur fait vibrer plus intensément le geste voisin de l’artiste
Politique lorsque la culture institutionnalisée n’effacera plus l’absolue nécessité des pratiques parfois hésitantes, tremblantes, éphémères, belles surtout de tout un chacun
Poétique lorsque les cheminements collectifs créatifs sont faits d’incertitude, de tâtonnements pour inventer ensemble, réajuster ensemble, se faire confiance ensemble
Politique lorsque naîtra un Conseil communal de la culture
Poétique lorsque des collectifs citoyens s’autorisent à ouvrir des espaces d’utopies dans leur quartier
Politique lorsque les coopérations, les initiatives seront accompagnées dans le temps long
Poétique lorsqu’un livre crée des paysages qui augmentent les imaginaires et les champs des possibles
Politique lorsque les bibliothèques toulousaines seront gratuites et largement ouvertes
Non, la poétique n’est pas une appréhension hors-sol ou romantique du monde. La poétique se niche dans la matérialité de nos rapports aux autres, nos rapports à la ville, l’attention que nous lui portons pour mieux la voir, l’entendre, la faire vivre
Oui, la politique doit créer les conditions de cette poétique, elle qui apaise et relie, elle qui bouscule et enchante
Je crois sincèrement que l’on peutVIVRE MIEUX. Vraiment à Toulouse. Le poète Jean-Pierre Siméon a écrit « la poésie sauvera le monde ». Pour cela elle a besoin d’une alliée, la politique. Ces deux mots sont réunis dans le projet que porte François et l’ensemble de ses colistiers. Il nous reste encore quelques jours pour le propager, réenchanter la confiance dans le politique. VIVRE MIEUX. Nous en avons, je crois, toutes et tous besoin.

